Florent Boudié, député de la Gironde, rend public son patrimoine personnel, le montant de son indemnité parlementaire ainsi que l’usage de l’IRFM et en appelle à une « réforme massive » pour moraliser la vie politique

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Assemblée Nationale

Le 21 février dernier, Florent Boudié, député de la Gironde, rendait public l’utilisation des fonds de réserve parlementaire attribués à chaque député, à hauteur de 130.000 euros par an. Il précisait notamment vouloir « anticiper les réformes qui devront nécessairement s’appliquer à la gestion des fonds de réserve parlementaire », allant jusqu’à envisager « la suppression de ce dispositif hérité de pratiques anciennes et dépassées » et, à tout le moins, « son placement sous le contrôle de la Cour des comptes ».

Face aux ravages, dans l’opinion publique, de ce qu’il faut bien appeler l’affaire Cahuzac, qui vient après beaucoup d’autres, le député de la Gironde entend poursuivre sa démarche pour la plus totale transparence de l’action publique.

Il estime que « le discrédit des acteurs de la vie politique atteint le seuil d’intolérance républicaine. C’est profondément injuste, car la probité est la règle. Mais la réponse à la suspicion généralisée doit être massive, imparable et même sévère. Il y va de l’avenir de nos institutions démocratiques : lorsque le politique est l’objet de doutes aussi profonds, le maccarthysme n’est plus très loin. »

Outre la publication de son bulletin mensuel d’indemnité parlementaire qui s’élève à 5.680,12 euros bruts, le député de la Gironde rend également public, sur son site internet (florentboudie.fr) et sa page Facebook – l’usage de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) au cours de ces six dernier mois.

L’IRFM est destinée à couvrir les frais engagés pour assumer le mandat de parlementaire : directement versée à chaque député, pour un montant de 5.770 euros bruts mensuels, l’Assemblée Nationale impose qu’elle soit créditée sur un compte bancaire ou postal distinct du compte de versement de l’indemnité parlementaire.

Pour le député, « la précaution des comptes séparés n’est évidemment pas suffisante : c’est l’usage même de l’IRFM qui doit être réformé. Je propose qu’il soit placé sous le contrôle d’un comptable public, responsable sur ses propres deniers en cas de manquement à ses devoirs, nommé par la Cour des comptes, indépendant et inamovible. Claude Bartolone a courageusement lancé ce chantier dès son élection à la présidence de l’Assemblée Nationale. Le temps est maintenant venu d’annoncer et d’appliquer des règles nouvelles.»

Le député de la Gironde choisit également de rendre public l’état de son patrimoine personnel à la date du 31 mars 2013 : « l’idée que l’on puisse soupçonner tous azimuts m’est insupportable : je me suis engagé pour tenter d’être utile à autrui et je me fais une haute idée des responsabilités confiées aux élus nationaux et locaux. Mais cette initiative personnelle ne saurait remplacer la réforme d’ampleur qui doit s’engager ». Il en appelle ainsi à plusieurs dispositions pour « créer une nouvelle relation de confiance entre les responsables publics et nos concitoyens » : 

  • rendre obligatoire la diffusion au Journal Officiel des déclarations de patrimoine, d’activités et d’intérêts des ministres, des parlementaires et de tous les présidents d’exécutifs locaux ;
  • proscrire les conflits d’intérêt en rendant incompatibles les fonctions de ministres et le mandat de parlementaire avec toute forme d’activité professionnelle rémunérée ;
  • étendre le champ des incompatibilités entre l’exercice d’un mandat local et des activités rémunérées susceptibles d’interférer dans l’exercice des responsabilités territoriales ;
  • encadrer
    le retour à la vie professionnelle des anciens ministres, parlementaires, élus locaux et collaborateurs d’élus en interdisant toute activité liée à leurs anciennes responsabilités durant 5 ans ;
  • créer une autorité administrative indépendante pour la déontologie de la vie publique chargée de l’application et du contrôle de l’ensemble de ces mesures ;
  • élaborer un nouveau statut des élus nationaux et locaux pour accompagner leur retour à la vie professionnelle après qu’ils y aient mis fin pour exercer leurs mandats.

Face au scandale de la fraude fiscale, dont le manque à gagner est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros pour le budget de l’Etat, Florent Boudié souligne également la nécessité de « renforcer les sanctions applicables et les moyens de l’administration fiscale et douanière ».

Il soutient, à cet égard, la proposition d’un « Facta Européen », inspiré de la loi américaine adoptée en 2010 et qui vise à lutter contre l’évasion fiscale. Pour mémoire, le Foreign Account Tax Compliance Act impose aux établissements financiers étrangers de transmettre au fisc américain des informations sur les comptes détenus par des contribuables américains dans le but de recouper les déclarations de revenus individuelles faites par les contribuables.

Indemnité-parlementaire 1

Déclaration de patrimoine

 

Déclaration de patrimoine de Florent Boudié (au 31 mars 2013).

Année de naissance : 1973
Fonction : Député de la Gironde
Régime matrimonial : vie maritale (2 enfants)

I. Bâtis et non bâtis

– Maison environ 120 m2, acquisition (2008), valeur d’achat 285 000 euros , propriétaire à 40% (emprunt à la caisse d’épargne, reste à payer dans la totalité : 218 354,23 euros)

 

II. Valeurs cotées en bourse

RAS

III. Assurances vie

RAS

IV. Comptes bancaires courants ou d’épargne

– Compte bancaire courant, personnel, au crédit Lyonnais : 2000 euros
– Compte bancaire courant, personnel, à la Caisse d’Epargne : 500 euros
– Compte bancaire courant, conjoint avec sa compagne, à la Caisse d’épargne : 1500 euros
– Livret Développement Durable, à la Caisse d’Epargne : 2500 euros

V. Véhicule

– Toyota Corolla, 220 000km, valeur actuelle : 2500 euros

Cette déclaration est exhaustive.

 

Utilisation des 6 derniers mois de

L’Indemnité Représentative des Frais de Mandat

 

Octobre 2012

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF : 171,18

Assurances : néant

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 1015,62 euros.

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : néant

Journaux et documentation : 20 euros

Restauration : 629,60 euros

Frais de transports : 180,67 euros

Vestiaire : 354,75 euros

Frais bancaires : 5,82 euros

Gerbe : néant

Hébergement site internet : 29,85 euros

  

Novembre 2012

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF : 58,96 euros

Assurances : 109 euros

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 1024,90 euros

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : néant

Journaux : néant

Restauration : 205,56 euros

Frais de transports : 252,70 euros

Frais bancaires : 1,35 euros

Gerbe : 180 euros

 

Décembre 2012

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF : néant

Assurances : néant

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 2725,69 euros. Le montant s’explique ici par les frais engagés pour l’aménagement de la vitrine et de la façade de la permanence.

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : 321,85 euros

Journaux : 24,15 euros

Restauration : 1947,70 euros. Le montant s’explique ici par l’accueil d’une délégation d’élus du Pays Foyen à l’Assemblée nationale. Les frais de restauration ne sont pas pris en charge par l’Assemblée nationale, mais bien par le député lui-même.

Frais de transports : 255,70 euros

Vestiaire : 119,85 euros

Frais bancaires : 6,77 euros

Gerbe : 90 euros

 

Janvier 2013

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF : 319,02 euros

Assurances : 442,62 euros

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 2202,66 euros. Le montant s’explique ici par l’aménagement d’un kitchenette à la permanence pour les collaborateurs, et l’achat de meubles complémentaires (tables, étagères de rangement…)

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : néant

Hébergement site internet : 17,90 euros

Journaux : 24,15 euros

Restauration : 599,92 euros

Frais de transports : 145,22 euros

Frais bancaires : 1,35 euros

Cérémonies des vœux : 1242,56 euros. Le montant correspond à la fabrication, l’impression, et l’achat des cartes de voeux.

 

Février 2013

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF : 649,49 euros

Assurances : néant

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 307,07 euros

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : 323,04 euros

Journaux : 24,15 euros

Restauration : 700,99 euros

Frais de transports : 228,30 euros

Frais bancaires : 1,35 euros

Gerbe : 90 euros

Frais cérémonies de voeux : 2943,01 euros. Le montant correspond aux frais engagés pour le traiteur et l’achat du vin lors de la cérémonie des voeux aux « forces vives », où plus de 200 personnes étaient présentes.

 

Mars 2013

Location de la permanence : 1091 euros

EDF/GDF :

Assurances :

Aménagements de la permanence (meubles, travaux, entretien…) : 102,51 euros

Fournitures de bureaux (consommation copies, papeterie, informatique…) : néant

Journaux : 24,15 euros

Restauration : 412,30 euros

Frais de transports : 136,08 euros

Vestiaire : 314,80 euros

Frais bancaires : néant

 

 

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Commentaires (4)

  • VION GERARD

    |

    Bonsoir,
    Je ne pensais pas que ma visite de ce matin serait suivi d’un effet aussi immédiat….
    Je suis très heureux de constater que nous sommes sur la même longueur d’ondes, mais il reste énormément de travail à accomplir.
    Bon courage.
    Cordialement

    Répondre

  • Patdu49

    |

    A qui est loué la permanence ?
    Qui en est le propriétaire, est ce une connaissance, un proche ?
    Cette question car il est connu que certains députés détournent l’IRFM pour enrichir leur patrimoine immobilier ou celui de proches.

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    • Florent Boudié

      |

      Monsieur,

      La permanence a été louée par l’intermédiaire d’une agence immobilière située sur la commune de Libourne. Ce local situé au 8-10 avenue Galliéni, à Libourne, a été choisi sur la base de critères clairs : possibilité de stationnement, surface nécessaire pour accueillir du public et permettre le travail de mes collaborateurs, et loyer proposé.
      Bien à vous.

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  • Morland

    |

    Cher Monsieur,

    Mon dieu que vous êtes riche!
    Je vais me lancer en politique dès demain…

    IRONIE bien entendu!

    Je suis contre cette publication du patrimoine, par contre je vous approuve totalement sur le fait qu’il faille renforcer les pouvoirs de l’administration fiscale pour contrôler VRAIMENT les élus de la REPUBLIQUE!

    Bien à vous

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