Affaire Boulin : « Si Monsieur Guéant sait, il doit parler »

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Assemblée Nationale

Le 30 octobre 1979, Robert Boulin, gaulliste de la première heure, Résistant, député-maire de Libourne, ministre ayant servi trois présidents de la République, était retrouvé mort, dans un étang de la forêt de Rambouillet. L’enquête judiciaire, établie en quelques heures, avait alors conclu au suicide mais rares sont ceux qui n’expriment pas, même timidement, des réserves vis-à-vis de la vérité judiciaire ayant conduit, en 1992, à un non lieu.  

A la suite d’un article paru ce jour sur le site sudouest.fr, il est rappelé qu’au moment des faits, Monsieur Claude Guéant, alors âgé de 34 ans, était chargé des questions de sécurité, au cabinet de Christian Bonnet, ministre de l’Intérieur ; et assurait une permanence une nuit sur deux au ministère.

Lors de l’émission « mardi politique » du 1er novembre 2011, le journaliste de RFI interroge en direct Claude Guéant lui demandant de « faire appel à sa mémoire », et de lui dire s’il était ce conseiller de permanence ; la réponse de Claude Guéant est alors digne d’une amnésie presque maladive, ou du moins révélatrice d’un certain malaise : « très franchement, je ne me souviens pas avoir été le conseiller de permanence ce jour-là (…), je suis incapable de me souvenir de cela ».

Comment ne pas se rappeler ce fait : avoir été, ou ne pas avoir été celui qui doit réveiller le ministre de l’intérieur pour annoncer le décès d’un collègue du gouvernement ?

 Florent Boudié rappelle que « l’affaire Boulin traîne son cortège de curiosités judiciaires, de négligences et d’oublis : expertises contestables, disparitions en série de scellés judiciaires, incohérences médico-légales, destruction de toutes les archives de l’ancien ministre dès après sa mort, jetant de profonds doutes sur l’idée que Robert Boulin, dépressif, se serait noyé dans 50 centimètres d’eau après avoir ingurgité des barbituriques ». 

Au regard de l’article diffusé ce jour par sudouest.fr, Florent Boudié, député de la circonscription dont Robert Boulin fut lui-même député –maire pendant 20 ans, demande à Claude Guéant, ex-ministre de l’intérieur venu en visite officielle le 28 novembre 2011 à Libourne, de bien vouloir communiquer aux autorités judiciaires le déroulement des faits qui se sont produits dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979 :  « je n’oserai croire que Monsieur Guéant souffre d’une amnésie précoce, même si les éléments de réponse apportés par l’intéressé concernant l’affaire des 500 000 euros de prime pourrait nous y faire croire. Amnésie une fois, amnésie deux fois…le doute s’installe sur la sincérité de Monsieur Claude Guéant ! ».

En toute hypothèse, « un principe fondamental doit selon moi conduire l’autorité judiciaire : un principe qui ne doit souffrir d’aucune nuance, d’aucune atteinte. Ce principe, c’est le devoir de vérité. Et le devoir de vérité, c’est le devoir de la Justice. C’est pourquoi, je n’exclus pas le principe de demander l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire ».

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Commentaires (2)

  • Frantz Moulin

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    Amitiés à tous et compliments à Monsieur le Député pour cette bien courageuse prise de position.
    Audacieuse, parce que dangereuse… Tout le monde dans la région le sait.

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  • DE GAULLE Xavier

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    Bravo à M. Boudié de contribuer à l’éclaircissement de cette douteuse affaire et de ce qui est probablement un déni de justice qui dure depuis trop longtemps. Les doutes sur les amnésies à répétition de M. Guéant ne laissent pas non plus de nous troubler ! Bon courage pour la suite de vos démarches.

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