Benoît Hamon ou la victoire de Marine Le Pen?

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Circonscription

ps_la_roseÀ en croire l’interview qu’il donnait ce matin sur RFi, pour Benoît Hamon, la République est donc doublement « menacée »: par le Front National et par le Gouvernement de Manuel Valls.

L’accusation est grave. Certes, on peut estimer, comme Martine Aubry, que la politique économique et sociale conduite depuis deux ans et demi mérite d’être réorientée, mieux « dosée« , disait-elle. Je me suis déjà exprimé dans ces pages sur ce point.

Mais Benoît Hamon vient de franchir un pas que nul à gauche, à l’exception de Jean-Luc Mélanchon, n’avait osé franchir, en mettant sur un pied d’égalité l’action de l’actuel Président de la République avec les outrances d’un Nicolas Sarkozy calé sur la ligne Buisson et le projet, mortel pour la France, que représente le Front National et son vade-mecum idéologique.

Quelques-uns des frondeurs – pas tous, loin de là – sont désormais entrés dans une stratégie sans retour possible. Suicidaire, puisqu’elle consiste à ruiner notre crédibilité collective.

Leur but n’est pas d’interroger notre exercice du pouvoir mais de prendre le pouvoir au sein même du Parti Socialiste. Leur but n’est pas de protéger la République mais d’abattre le Président de la République.

Cette vieille pratique, digne des plus tristes congrès, est une sale petite cuisine qui n’a plus rien à voir avec les interrogations légitimes que nous pouvons avoir après deux ans et demi passés à gouverner le pays. Elle traduit le labyrinthe infini des calculs internes dont le Parti Socialiste ne parvient pas à s’extraire.

Puisqu’il retourne contre le Gouvernement l’arme de la menace républicaine, je suggère à Benoît Hamon d’assumer totalement sa rupture en votant contre le projet de loi de finances. Sauf si son but était d’éviter la dissolution pour conserver son mandat de député… sur le dos des parlementaires qui débattent, qui tentent d’infléchir les décisions, qui se font entendre et portent la contradiction dans les lieux décisions, mais qui savent aussi ce que le mot « loyauté » veut dire.

Pour l’heure, oui, Marine Le Pen a gagné. Sans le savoir, Benoît Hamon vient de pousser la banalisation du FN à son point le plus ultime. En retournant, contre la gauche au pouvoir, une formule habituellement réservée à l’extrême droite.

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Commentaires (4)

  • sperandio

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    Contents de votre loyauté à notre gouvernement,et notre président.Nous confirmons et ne regrettons pas notre vote pour F Hollande et pour vous.
    Des Libournais .

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  • Frisco

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    En 1927 ils ont eu Laval, aujourd’hui on a L’ Hamon!

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  • MARTIN

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    Juste un rappel : « tout ce qui est excessif est insignifiant »
    aurait dit Talleyrand (un expert en matière de retournement de veste).
    Mais est-il nécessaire d’écrire, voire de rappeler, que « certains » frondeurs sont insignifiant(e)s, cela n’est-il pas évident ?
    Il est vrai qu’à coups de tweets et autres « à peu près », on peut même donner de l’importance à de fausses informations.
    Au fait, pas d’accord sur votre dernier paragraphe, la fille de l’héritier des ciments Lambert n’a pas gagné et je ne vois toujours pas pourquoi elle gagnerait !

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  • Hervé Tharaud

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    Triste spectacle offert à l’opposition. Ils n’ont pas besoin de chercher des idées pour nous combattre, nous les leur fournissons!
    Je partage ton point de vue Florent.

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