Nationalisons les autoroutes!

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Assemblée Nationale

Autoroute_est_ouest_ghomri2La fin de l’éco-taxe, confirmée par Ségolène Royal après plusieurs mois d’incertitude, pose avec urgence la question du financement à long terme des infrastructures de transport françaises.

Avec un spectre en ligne de mire: le contre-exemple de l’Allemagne qui n’a plus investi, dans ses infrastructures, depuis plus de 15 ans et voit leur qualité se dégrader.

L’éco-taxe est d’abord un terrible échec pour notre pays.

Voulue par l’ancienne majorité parlementaire dès 2009, adoptée à la quasi-unanimité des groupes politiques, pour finalement être repoussée d’année en année, ses décrets d’application avaient été publiés par le gouvernement Fillon finissant… le dimanche 6 mai 2012!

Comment mieux léguer la patate chaude de la fiscalité écologique au gouvernement suivant?

Depuis le report de l’éco-taxe, en 2013, puis son annulation pure et simple en 2014, la France n’a tout simplement plus aucune recette solide pour financer sa politique des transports: routes, ferroviaire, transports collectifs, … Les contrats de plan Etat-Régions, qui irriguent nos territoire, en pâtissent directement.

À la hâte, sous la contrainte des quatre projets de LGV décidés par l’ancien président de la République, le gouvernement de Manuel Valls en est réduit à ressortir la vieille recette de l’augmentation du diesel dans le cadre de la loi de finances 2015.

À ce colossal échec de l’éco-taxe, symbole d’un système politique à bout de souffle, s’ajoute une autre erreur stratégique: la privatisation des autoroutes sous le gouvernement de Dominique de Villepin. Privatisation qui a coupé l’Etat d’une rente précisément orientée vers le financement des transports.

La droite aura donc par deux fois tué la modernisation de nos infrastructures de transport. En 2005 avec la vente des concessions autoroutières; en 2011, en repoussant la mise en œuvre de l’éco-taxe, faute de courage et en politisant cet outil pourtant consensuel.

Comment résoudre cette équation?

L’étude réalisée par une poignée de chercheurs réunis au sein du groupe de réflexion Microeconomix montre la voie à suivre et démontre que la re-nationalisation des concessions autoroutières par l’Etat serait rentable pour la collectivité publique.

Pour un total de 39 milliards de rachat des concessions, l’Etat aurait à rembourser 3 milliards d’euros par an, pour 4 milliards d’euros de recettes annuelles. Une rente qu’il est urgent de réinjecter dans l’intérêt général, plutôt que de la laisser gonfler les profits de quelques-uns.

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Commentaires (1)

  • Frisco

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    Bien vu!
    Alors soyons solidaires dans l’intérêt général.

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