« François Hollande doit prendre des initiatives pour moderniser la vie politique »

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Circonscription

france-bleu-girondeJ’étais ce matin l’invité de France Bleu Gironde pour évoquer l’intervention du président de la République ce soir sur TF1 et RTL, face à un panel de Français.

L’occasion de rappeler la nécessité pour le président de la République de prendre des initiatives pour moderniser la vie politique et des partis traditionnels aujourd’hui à bout de souffle.

Qu’attendre de son intervention ce soir? Autorité, écoute et mise en perspective.

Et de rappeler ce que chacun sait: les difficultés de la France, la dérive de ses comptes publics, son manque de compétitivité, le chômage massif, le sentiment de déclassement d’une grande partie de notre population, en particulier dans les territoires ruraux, n’ont pas jailli le dimanche 6 mai 2012, à 20h, avec l’élection de François Hollande.

 

France Bleu Gironde : A mi-mandat, François Hollande a-t-il réussi ou a-t-il échoué?

Florent Boudié : Ce soir, il aura surtout 90 minutes pour convaincre les Français qu’il n’a pas échoué et qu’il poursuit avec détermination sur un chemin difficile qui a débuté le 6 mai 2012. Moi j’attends qu’il fasse preuve d’autorité, d’écoute car il sera confronté à des Français comme vous et moi, de mise en perspective car c’est ce qui manque le plus depuis le début du quinquennat. Il faut faire comprendre le sens de l’action qui est menée. Je ne sais pas si je serai entendu, mais j’ajoute un vœu personnel, c’est qu’une initiative forte soit lancée pour moderniser un système de partis politiques qui est réellement à bout de souffle.

Vous évoquez le sens de l’action présidentielle, il y a vraiment un sens?

Le plus grand tort de François Hollande, sa responsabilité majeure, c’est qu’il n’a pas dit la réalité aux Français lorsqu’il a été élu sur la gravité de la situation de la France. Ce n’était pas seulement l’héritage de Nicolas Sarkozy, mais l’héritage de dix, de quinze années d’action publique. Jamais de réformes structurelles sur la compétitivité de notre économie, ce que nous payons cash aujourd’hui en termes d’exportation, mais aussi une dérive systématique des comptes publics. Nous avons pris la responsabilité du pays à l’un des pires moments de son histoire. Il faut le dire. Et il aurait fallu dire aux Français : « voilà la situation, il faut avancer et les réformes prendront du temps ».

La dissolution pourrait-elle permettre de sortir de l’impasse?

L’impasse politique, elle concerne tous les partis de gouvernement. Ils sont aujourd’hui à bout de souffle. Ce sont des machines électorales, ce ne sont plus des machines à bâtir des projets. Et c’est pourquoi j’attends ce soir une initiative institutionnelle. Le cumul des mandats, il faut aller beaucoup plus loin. Il faut un non-cumul des mandats dans le temps, pas plus de deux mandats, pour éviter la professionnalisation de la politique. On ne peut pas confier la représentation à des professionnels qui considèrent que la politique est un métier comme un autre. Non, c’est une représentation et c’est un mandat. Il faut également que l’on intégre la proportionnelle aux élections législatives pour ouvrir la représentation de toutes les sensibilités, quelles qu’elles soient, même celles contre lesquelles je me bats au quotidien. Il s’agit aussi d’obliger les partis politiques à travailler ensemble. On ne peut pas continuer, dans un pays en crise, à jouer la guerre de tranchées permanente. Il faut refonder notre système de partis politiques. C’est vraiment l’avenir.

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Commentaires (2)

  • Patrice Chapuis

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    J’approuve à 100% ton analyse de la situation. Merci Florent.

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  • vandenelsken

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    Pour F.Hollande , je crois que les carottes sont cuites, il faut préparer le coup d’après avec pourquoi pas un gouvernement d’union nationale. Celà renverrait Duflot, Mélanchon à un activisme groupusculaire. de mieux en mieux sur la réforme territoriale (suppression des CG), tu ne vas pas te faire des amis mais tu as raison, grossir les intercoms et donner à la région des pouvoirs budgétaires étendus.Du reste je pense que les régions devraient disposer de 2 chambres, une composée d’élus au suffrage universel avec une dose de proportionnelle, l’autre consultative où seraient représentés les territoires (metropole, intercoms et départements anciens). Et faire réellement la réforme des mandats avec la fin des cumuls dans la durée. C’est ce que les militants, sympathisants, électeurs de Gauche souhaitent en majorité. à+

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