2015, année Coriolan?

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Assemblée Nationale

8853__La_guerre_du_feu_Roman_des_ages_farouches_1996En ce début d’année 2015, qui s’annonce chargée en évènements politiques, il faut prendre le temps d’écouter l’émission de Raphaël Enthoven, à podcaster sur France Culture, consacrée à la tragédie de Shakespeare, « Coriolan« . On pourrait en résumer le sens par cette question: qui est le plus dur avec le peuple, celui qui le flatte ou celui qui lui tient le langage de vérité?

Qui est le plus dur? celui qui exploite les peurs et les colères (dans la pièce de Shakespeare, la colère s’appuie sur la famine qui sévit alors à Rome, au 5ème siècle avant J.-C.) ou celui qui dit au peuple la vérité de son état et de sa situation, au prix de l’inflexibilité?

Celui qui dit au peuple, souvent versatile, ce qu’il veut entendre, sous l’effet des difficultés du moment ou celui qui, conscient de ces mêmes difficultés, refuse les manichéismes et la démagogie? En d’autres termes: Edouard Herriot ou Charles de Gaulle? Guy Mollet ou Pierre Mendes-France?

Oui, qui est le plus dur avec le peuple, celui qui n’hésite pas à glisser les formules attendues par une foule en colère – « si ça vous fait plaisir… ça ne coûte pas très cher » – ou celui qui reste inflexible par gros temps, sans flatter, sans caricaturer la difficulté de toute action publique?

Mais il faut aussi s’arrêter quelques instants sur la première partie de la question que je posais: qui est le plus dur? Le plus dur au sens, bien sûr, de ce qui est le plus contraire aux intérêts du peuple. Le plus dur au sens d’une démagogie ou d’un populisme dont le seul but est le maintien ou la conquête du pouvoir mais qui finiraient par se retourner contre le peuple lui-même, après l’avoir si gratuitement séduit.

Être dur, au sens de ceux qui, en politique, « visent bas » et finissent parfois par l’emporter, quel qu’en soit le coût pour le peuple lui-même. La flatterie est alors synonyme de déloyauté à l’égard du peuple… et même de trahison.

Cette réflexion traverse les âges. Elle vaut pour la République romaine où se déroule l’intrigue de Shakespeare comme pour notre 5ème République finissante. Et elle m’encourage à souhaiter, à tous les démagogues, de se pencher sur la tragédie de Coriolan et sur ce qu’elle dit de notre démocratie.

Parce que je dois vous faire un « a-vœux », en ce 3 janvier 2015, rien ne me détermine plus à continuer d’agir que les démagogues.

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Commentaires (2)

  • Morland

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    La vérité, oui.
    Faire des efforts? Ok.
    Mais pour qui? Pour quoi?
    Si cela est au nom de celles et ceux qui nous ont menés là
    où nous en sommes aujourd’hui, alors, jamais de la vie!

    Par contre, je suivrai Jean Moulin si cela était possible.

    Bonne année 2015………

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  • bernie

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    Tout simplement meilleurs voeux de paix parce qu’avec la paix, il est possible de rendre le monde plus heureux.
    La paix partout dans le monde est quelque chose qui m’est cher et c’est ainsi que s’exprime mes voeux

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