Voeux 2017: discours de Castillon

Ecrit par Florent Boudié sur . Publié dans Circonscription

Discours des vœux aux corps constitués

Castillon-la-Bataille – Samedi 14 janvier 2017

 

Bonjour à vous tous et merci de votre présence.

Merci tout d’abord à Jacques Breillat qui me permet de vous accueillir dans cette salle municipale, entouré de plusieurs de ses adjoints et conseillers municipaux.

Je salue l’ensemble de nos élus qui ont pris le temps d’être présents parmi nous ce matin, en particulier nos maires et nos présidents d’intercommunalités. La quasi-totalité de nos communes sont représentées, ce matin, sur les 104 que compte notre circonscription. Merci sincèrement de votre présence.

Je veux également saluer l’ensemble des autorités qui nous accompagnent. Le lieutenant Colonel Danguy, chef du détachement de Vayres. Nos sapeurs-pompiers et leur Colonel. Avec une attention toute particulière, mon Colonel, pour nos pompiers volontaires, très mobilisés dans notre territoire. C’est le cas, ici, à Castillon-la-Bataille. Et qui donnent de leur temps, de leur énergie, au service de nos concitoyens, au service de nous tous. Qu’ils soient très sincèrement remerciés pour leur engagement, pour leur désintéressement qui est à la fois une valeur et un exemple précieux dans notre société, et notamment à l’égard des plus jeunes.

Je salue les représentants des anciens combattants et ceux de nos forces de l’ordre. Merci, mon Colonel, merci mon Commandant, pour votre présence. Je tiens à vous redire, comme je le fais à chaque fois, mon attachement pour votre institution, pour votre force armée, moi le petit-fils de Gendarme. Et, au-delà de cet attachement, souligner la qualité du travail que vous accomplissez avec exigence, avec sérieux, au sein de la zone de sécurité prioritaire, et au-delà bien sûr dans l’ensemble de notre territoire. Avec le souci qui est le vôtre d’incarner l’autorité républicaine, dans toute sa fermeté, dans toute sa neutralité aussi, et dans la connaissance fine du terrain, des femmes et des hommes qui le composent, en lien, toujours, avec nos polices municipales dont je salue plusieurs des représentants ce matin.

La sécurité, elle est au cœur du pacte républicain. Il n’y a pas de liberté si l’on a peur, si l’on se sent en insécurité, dans nos villages ou dans nos quartiers. Et il n’y a pas de petite ou de grande peur. Toutes méritent l’inflexible autorité de l’État. Parce que la vraie égalité, c’est aussi l’égalité face à l’ordre public.

Chacun connaît mon engagement pour la sécurité publique. Je parlais à l’instant de la zone de sécurité prioritaire. Je pourrais évoquer l’équipement de nos policiers municipaux en caméras mobiles, rendu possible par la disposition que j’ai faite adopter à l’Assemblée nationale, et qui est dès à présent lancée à Libourne. Je pourrais également évoquer les projets de nouvelles gendarmeries qui se concrétisent, un à un: à Grézillac, le bâtiment est désormais livré ; à Pineuilh et à Castillon-la-Bataille où les dossiers sont sur les rails. Et, je n’en doute, mon Commandant, cher Philippe Buisson, la validation pour cette année 2017 du projet de nouvel équipement dans la ville de Libourne.

Je salue bien sûr chacune et chacun d’entre-vous qui représentez toute la diversité des activités et des responsabilités qui s’exercent dans un territoire de 110.000 habitants. Je veux en particulier souligner la présence de Marc Prikazsky, le PDG de cette superbe pépite Libournaise et mondialisée qu’est CEVA Santé Animale, et président la délégation Libournaise de la nouvelle CCI de Gironde.

Je salue enfin les responsables de nos structures associatives – ils sont nombreux ce matin – et les remercie pour la passion qu’ils mettent dans leurs missions culturelles, sportives, caritatives, … Elles contribuent pleinement aux politiques publiques au sens large. Elles reposent sur le bénovolat. Elles pallient parfois même les carences de l’État ou au contraire accompagne son action, avec l’aide de nos collectivités locales, en particulier nos communes et nos intercommunalités.

Nous voici donc réunis pour une cérémonie de voeux de plus. Dans un mois de janvier qui en compte beaucoup. Peut-être même trop, si l’on abuse, en tout cas, des verres de l’amitié… et plus encore si l’on abuse des discours!  Mais c’est une tradition à laquelle il est précieux de céder. Une tradition qui a du sens. Parce qu’elle rassemble. Quelles que soient nos histoires, nos parcours, nos responsabilités, nos diversités. Parce qu’elle est aussi le moment de dire nos engagements, un mot que je préfère à celui de résolutions. Et parce que notre rassemblement est celui de toutes les bonnes volontés qui s’expriment et qui agissent dans notre territoire.

Une terre elle-même chargée d’histoire. On ne construit rien si on ne respecte pas l’histoire – les histoires – dans lesquelles chacun et chacune d’entre nous s’inscrit. On ne construit rien si l’on ne respecte pas l’histoire d’un territoire. Et je dis cela à Castillon-la-Bataille, ville chargée d’histoire. Respecter l’histoire d’où l’on vient! Non pour s’y replier, ni s’y enfermer, mais pour agir dans la fidélité que nous lui devons.

Vous savez, on grandit toujours avec le souvenir de son enfance et de son bout de terre. Jamais je n’aurais songé ou même accepté de m’engager ailleurs qu’ici. La dixième circonscription de la Gironde n’est pas pour moi une terre d’élection, encore moins la terre de je ne sais quel carrière. Mais la terre qui a peuplé mon enfance et toute ma vie, comme beaucoup d’entre-vous. Et pour ces derniers vœux de la législature – la 14ème depuis 1958 – je veux simplement vous dire combien j’ai été fier, tout au long de ces 5 dernières années, de vous représenter.

Je l’ai fait avec ma manière d’être, en cherchant à apprendre et à comprendre avant de juger ; en cherchant à convaincre plutôt qu’à contraindre ; en recherchant le dialogue plutôt que le clivage – le clivage par habitude ou par sectarisme. On connaît ça, certains s’y complaisent! Et le dialogue, oui, plutôt que la confrontation par principe. Ce qui n’empêche en rien la fermeté.

J’ai été fier de vous représenter parce qu’il n’y a rien de plus fort que de défendre le présent et l’avenir de son territoire de naissance, de défendre sa culture, son mode de vie, ses traditions, de relever le défi de ses difficultés, de ses atouts aussi, et ils sont nombreux. Les maires et les élus qui ont cette chance d’être nés dans la ville ou le village dont ils assurent l’administration – c’est le cas de beaucoup d’entre-vous – savent de quelle fierté – une fierté simple – je veux parler.

Je lisais, récemment, un article de notre quotidien régional dans lequel il était dit que notre territoire est une terre de modération, et notamment de modération politique. L’auteur de cette formule ne s’est pas signalé mais j’en partage le constat.

Bien sûr, il nous arrive d’avoir l’esprit et le sang chauds. C’est même parfois nécessaire et utile. Mais nous sommes bien plus souvent tentés par l’esprit de modération. Nous avons bien plus souvent à cœur de dépasser les clivages et les différences que de les accentuer ou de les caricaturer. C’est d’ailleurs une forme assez élevée de civilité. Et cela ne freine en rien la volonté de faire.

Sans doute est-ce le fruit de notre histoire. Celle que j’évoquais il y a quelques instants et dont je disais qu’il faut savoir la respecter et même la transmettre. L’esprit de Montaigne n’est pas si éloigné de nous. Son inspiration n’est pas épuisée. Notre territoire s’est lui-même construit dans la compréhension entre communautés catholique et protestante, pour ne prendre que cet exemple, ancien, certes, mais frappant et dont les traces existent encore. De belles, de grandes personnalités, issues de nos rangs, ont su incarner cet esprit de modération. Je pense en particulier à Robert Boulin dont j’ai voulu servir la mémoire – à ma place, modestement – en cherchant à ce que la vérité puisse un jour être faite sur les circonstances de sa disparition.

Et il est vrai que celles et ceux qui parfois déboulent dans notre territoire avec leurs certitudes, avec une conception idéologique de l’action publique, une pensée trop systématique, exclusive ou clivante, ont bien souvent du mal à y prendre racine. Comme si la greffe ne prenait pas. Et le temps, et la patience n’y font rien. Peut-être est-ce donc une question de nature: cette manière d’être, cet esprit de modération qui est une part de notre identité et que nous devons continuer de cultiver. Parce qu’il permet, je le disais, le rassemblement des bonnes volontés.

Le rassemblement des bonnes volontés, Mesdames et Messieurs, c’est ce vers quoi nos concitoyens nous poussent.

L’année 2017 sera marquée par de grands rendez-vous démocratiques. Cela n’a échappé à personnes. Mais l’enjeu, pour 2017, ce n’est pas un énième retour de balancier, ce n’est pas l’alternance. Regardez ce qui se passe autour de nous, en Italie, en Grande Bretagne, en Pologne, aux États-Unis. Nous ne vivons pas une période ordinaire de notre histoire. L’enjeu, ce n’est pas une alternance de plus, c’est d’apporter des solutions aux problèmes de notre pays, de notre économie, de notre démocratie. Parce que nous vivons une période dangereuse. Le terrorisme en est la plus effroyable des illustrations. Une période dangereuse qui nécessite – j’en suis convaincu – de ne plus faire de la politique comme d’habitude.

Jamais, sous la Cinquième République, le fossé ne s’était autant creusé entre les Français et leurs représentants. Depuis 20 ans, il n’a cessé de s’approfondir, élection après élection, gouvernement après gouvernement, de la droite à la gauche. Aucune des formations politiques traditionnelles n’est épargnée. Les Français sont déçus de la politique, déçus de leur classe politique. Ils sont fatigués des divisions. Disons-le sans tabous, sans détours: ils ont le sentiment que le système politique est à côté. À côté des vrais enjeux, à côté des vrais défis, à côté de leurs préoccupations. Et à côté du peuple: un mot – le peuple – que plus personne n’ose prononcer, si ce n’est avec des pincettes. Alors que le peuple, Mesdames et Messieurs, c’est vous, c’est moi, c’est nous tous. Et c’est la force de notre Nation.

Ce n’est pas adopter un discours anti-système, comme je l’entends parfois, que de dire cela. Non! C’est la description, mot pour mot, de ce que disent les Français, partout, y compris dans notre territoire. C’est la description de ce que beaucoup pensent, y compris dans cette salle. Il y a une colère démocratique, une colère citoyenne, une exaspération civique. Il y a un face-à-face de plus en plus tendu entre les Français et leurs représentants. J’en suis le témoin, en tant que député. Et il y a, oui, ce sentiment que le monde change et s’accélère, mais que nos responsables politiques, eux, ne changent pas, ou si peu, ou trop tard.

Si, comme elle le fait depuis trop longtemps, la classe politique continue de passer à côté de cette demande, si elle ne mesure pas sa propre responsabilité – elle est immense – dans l’émergence de cette colère citoyenne, de cette lassitude civique qui traverse toutes les catégories sociales, tous les territoires, alors notre pays n’échappera pas, tôt ou tard, à un choc démocratique majeur. Et ni les arrangements des uns, ni les réflexes partisans des autres ne freineront cette lame de fond qui a gagné notre pays, comme elle a gagné d’autres démocraties, en Europe et à travers le monde.

Voilà où nous en sommes. C’est notre risque. Et il nous faut en sortir, de toute urgence.

Voilà le vœu que formulent beaucoup de Français pour 2017 et, au-delà, pour l’avenir de notre pays.

Alors que faire? Continuer comme avant? Attendre patiemment, je le disais, l’heure des alternances ou celle des retours en politique au gré des circonstances? Les Français rejettent massivement cette fatalité.

Au fond, ce que demandent nos concitoyens, ce n’est pas de défendre un parti ou les intérêts des formations politiques telles qu’elles sont, mais de construire une nouvelle page de notre démocratie, de dépasser ce qui bloque, ce qui freine.

Ce qu’attendent nos concitoyens, c’est un projet commun.

Est-ce à dire que notre société n’est pas traversée de clivages? Bien sûr que non! Est-ce à dire que notre démocratie pourrait fonctionner sans formations politiques! Non. Leur fonction est essentielle à notre République. Mais c’est dire que les grands partis traditionnels sont épuisés, qu’ils peinent à renouveler les têtes et les idées, qu’ils sont traversés de tant de fractures, de tant de contradictions, à gauche comme à droite, qu’il est urgent de les dépasser et de les recomposer. C’est dire aussi que nos responsables politiques doivent apprendre à s’accorder sur quelques-uns des grands défis de notre époque : valoriser le travail, libérer les initiatives et protéger.

Je ne veux pas que notre pays s’emmure dans un débat entre l’ultra-conservatisme des uns et le populisme des autres. Cette caricature de débat public n’est tout simplement pas à la hauteur des défis qui minent la puissance publique depuis maintenant près de 20 ans, à commencer par le combat contre le chômage massif, perdu par tous les gouvernements – tous, sans exclusive, et sans que les uns puissent donner des leçons aux autres – depuis maintenant 20 ans.

Je ne veux pas d’une gauche qui finirait par se replier sur elle-même, tentée par l’illusion d’une pensée datée au carbone 14 du 19ème siècle. Pas plus que je ne veux d’une droite qui en serait réduite aux vieilles lunes de l’ultralibéralisme, quand ce n’est pas au populisme sécuritaire, au populisme pénale, au populisme identitaire, appelant même à des rapprochements idéologiques contre nature.

Vous me permettrez de dire que si j’ai une responsabilité, dans cette année 2017, au fond, ce n’est pas d’être candidat – d’autres pourraient l’être et personne n’est irremplaçable – mais c’est d’alerter chacune et chacun d’entre-vous sur le risque démocratique qui est devant nous. C’est de contribuer à réunir tous les progressistes, ici et ailleurs. Parce que notre démocratie est à la fois à bout de souffle et au pied du mur. Parce que les Français ont perdu patience. Et nous savons comment cela se traduit dans les urnes et – plus encore – dans les chiffres de l’abstention qui est l’expression d’un grand désarroi et d’une grande indifférence civiques.

Alors, nous savons ce que nous devons souhaiter à notre pays en ce début de nouvelle année: réussir!

Nous savons quoi souhaiter aux Français: leur permettre de trouver leur place dans notre société.

Réussir! Libérer les initiatives de ceux qui veulent créer de l’activité, donner plus de responsabilités à nos territoires, à nos collectivités locales, mais sans jamais renoncer à protéger contre les aléas de la vie. Parce que l’une des causes de cette exaspération qui monte dans la société, c’est précisément cette demande de protection, ce sentiment de déclassement qui frappe beaucoup de nos concitoyens et dont nous sommes chaque jour les témoins dans notre territoire. Et j’en reviens à ce que je disais concernant notre rencontre de ce matin: cela impose le rassemblement de toutes les bonnes volontés. Peut-être que cet esprit de modération dont je parlais, il y a quelques instants, nous y prépare mieux qu’ailleurs. C’est la tache qui sera devant nous dans les mois et les années à venir.

C’est d’ailleurs que nous faisons lorsque nous lançons, ici, à Castillon, le dispositif « zéro chômeurs de longue durée », avec Jacques Breillat, avec le club des entreprises et l’association des commerçants, avec la régie de territoire du Libournais, avec Cygnes de Vie et tant d’autres acteurs publics ou associatifs. Avec, aussi, des premiers résultats qui, je l’espère, en annoncent d’autres, que nous pourrions élargir à l’ensemble du Libournais.

C’est aussi ce que nous avons fait, l’année passée, quand il a fallu réformer la loi Évin, pour assouplir ses dispositions, pour clarifier ce qui relève de la publicité commerciale, qui doit être encadrée et réglementée, de ce qui relève de la simple information sur nos produits, leurs terroir, leur histoire, leur qualité. Nous n’avons pu le faire qu’avec le rassemblement de tous et nous avons lancé l’offensive avec Gérard César et Gilles Savary.

La vie de parlementaire est ainsi faite. Des combats remportés et parfois perdus. Mais une combattivité gourmande, déterminée. Avec l’envie, la volonté, la détermination d’être au rendez-vous – modestement – des enjeux, des défis qui sont ceux du pays et de notre territoire. Même si beaucoup de ces enjeux nous dépassent. Même si les chantiers sont immenses. En ne perdant jamais de vue qu’un mandat électif, c’est une charge, c’est une responsabilité. Ce n’est ni une récompense, ni une gratification, encore moins un métier ou une carrière. C’est d’abord une exigence.

Ici, chacun d’entre vous représente une part des responsabilités qui s’exercent dans notre territoire. Je veux vous remercier de votre engagement. Chacun d’entre vous, là où vous êtes, d’où vous agissez, est dépositaire d’une part de notre présent et de notre avenir.

Dans cette période dont je disais qu’elle est dangereuse, nous avons un choix à faire et un seul.

Le seul qui vaille: réussir à rassembler et rassembler pour réussir.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que peut être l’année 2017 pour celles et ceux, dont vous êtes, qui ne se résignent pas et qui veulent agir.

C’est une belle ambition. C’est un vœu digne d’intérêt.

Il me reste à vous souhaiter dans vos responsabilités dans vos projets, dans votre intimité, dans vos amours, dans vos passions, pour vous, pour vos proches, une année 2017 aussi heureuse et belle que possible.

Bonne année 2017 à vous tous.

Vive notre territoire !
Vive la France !
Vive la République !

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Commentaires (2)

  • Paul Tahar

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    Un beau discours écrit par une belle plume, mais pas seulement. Derrière le député qui parlait, l’homme exprimait des sentiments profonds, ceux remontant de ses racines, sentiments perçus certainement plus intimement par le peuple des gens modelés par le terroir dont lui-même est issu. Pas d’accrocs, pas d’ennemi à montrer du doigt, pas de critiques, quelque fois des constats qui n’ont échappés à personne et qui appellent au ralliement et non à la division.
    Un discours qui fait du bien à l’âme… Et, qui rassure sur l’avenir.

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  • GRAFF Henri

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    Bonsoir,
    Félicitations pour vos voeux. Mais, qu’il me soit permis de corriger certaines fautes :
    – Zône et tâche prennent d’après moi un accent circonflexe;
    – il y en a 2 ou 3 autres dont je vous accorderai le pardon,!
    En tout cas je vous félicite pour votre travail parlementaire et je vous souhaite d’être réélu, ce dont je ne doute pas.
    NB : merci d’avoir parlé de Robert Boulin dont un de mes cousins DARQUEST fût un des conseillers municipaux. On peut déplorer sa mystérieuse disparition.
    Henri GRAFF ancien conseiller municipal socialiste SFIO de CENON et toujours fidèle au Parti.
    Salutations distinguées.

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